Premiers pas d’un jeune demandeur d’emploi

Lorsque l’on est jeune et que l’on recherche son premier emploi ou que l’on cherche à corriger légèrement la trajectoire de sa carrière, que l’on arrive sur le marché du travail soit pour la première fois soit après une longue période de stabilité, on se pose naturellement un tas de questions. On a peu d’expériences à raconter en matière de recherche d’emploi. Là, on apprend certaines choses de ses pairs plus âgés. Parmi les questions que l’on se pose : comment faire face à l’entretien d’embauche ? Est-on lâché sans formation dans son nouveau travail ?, etc… La confrontation avec la réalité peut être un peu mouvementée.

On nous demande d’avoir de l’expérience, mais peu d’employeurs acceptent de nous engager et de nous fournir cette première mission tant recherchée. Il y en a cependant, comme nous le verrons plus loin. La réalité actuelle est encore un peu plus ternie par la suppression des allocations familiales pour les jeunes au-delà de 25 ans. 47,4 % des salariés de moins de 25 ans ont un contrat temporaire alors que ce pourcentage n’est que de 10,4 % dans la population générale.

La catégorie des moins de 25 ans est plus représentée parmi les demandeurs d’emploi que celle des plus de 25 ans. Cependant, la situation tend à s’améliorer : sur les 5 dernières années, le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans ne cesse de diminuer.

Des solutions existent donc bel et bien et sont petit à petit mises en place tant par les institutions publiques que finalement par les demandeurs d’emploi eux-mêmes, ces derniers se montrant de plus en plus débrouillards.

La formation

En matière de formation sur le terrain (stage ou apprentissage pratique du métier), on peut dégager différentes possibilités :

Le plan pour le secteur non-marchand. Il permet aux jeunes (de moins de 30 ans) peu qualifiés de suivre une formation d’insertion subsidiée à hauteur de 35000 euros par an et par équivalent temps plein. Néanmoins, ce plan ne s’adresse qu’aux personnes disposant au maximum du CESS ou d’un brevet d’éducateur de l’enfance. Sont donc exclues les personnes qui ont suivi une formation de bachelier. Ce plan s’adresse donc à des personnes peu qualifiées.

Le stage de fin de formation. Il s’agit d’un stage qui est proposé au terme de chaque formation Forem pour mettre en pratique ses acquis.

La formation alternée. Cette formation alterne pratique et théorique.

Le plan Formation – Insertion. Ce n’est pas la panacée mais déjà une solution de dépannage. Ce plan prévoit une période de formation suivie obligatoirement par une période d’engagement de durée au moins égale. Si l’on est bien conscient de ce à quoi s’attendre, c’est une piste à explorer.

Parmi les possibilités d’accompagnement du jeune travailleur, il y a également le mentorat. C’est un mouvement originaire du Canada dont l’objectif est de transmettre aux nouveaux collaborateurs des savoir-faire possédés par les plus expérimentés. Pour les entreprises, l’avantage est que cela réduit les coûts de formation tout en améliorant l’efficacité de celle-ci. Le mentorat repose sur l’aide désintéressée.

Source : http://www.dynamique-mag.com/article/mentorat-quoi.6336

L’intérim comme rampe de lancement

Le travail intérimaire est selon moi une expérience intéressante, si l’on sait dès le départ à quoi s’attendre. Le principal bénéfice que peut en retirer le demandeur d’emploi est la confiance en soi, le sentiment tout simplement d’être capable de satisfaire les attentes d’un employeur.

Lorsque l’on présente sa candidature pour travailler dans une grande société, il n’est pas rare que celle-ci ait contracté les services d’une agence intérim. Parfois même, pour les plus grosses entreprises, une antenne intérim « détachée » se situe intramuros. On appelle cela le « inhouse ». Attaché à cette antenne dont l’entreprise paie les services, un consultant est chargé de sélectionner les futurs collaborateurs. Il dispose pour cela de plusieurs fichiers :

Les travailleurs inscrits dans l’agence intérim et ayant déjà effectué des missions avec succès (ce sont les « chouchous »). C’est ici qu’il va puiser en priorité ses recrues. Cette liste représente environ 7 % du fichier de l’agence.

Si le consultant ne trouve pas le personnel nécessaire dans cette liste, alors il va puiser dans les autres catégories, notamment celle des néo-arrivants. Pour cela, le consultant commence par analyser les CV dont il dispose (c’est-à-dire ceux envoyés via internet + ceux des salons + ceux déposés en main propre à l’agence). En général, il donne la priorité aux CV reçus en main propre.

Lorsqu’ils ont compilé une liste de CV « retenus », ils appellent les différents candidats par téléphone pour les convier à un entretien de screening. Commence alors ce qu’on appelle communément le deuxième round. Cet exercice souvent collectif est absolument déterminant. Il faut s’y préparer très sérieusement et y aller avec plein d’enthousiasme et de positivité. On demande aux candidats de passer un deuxième entretien, informel celui-ci, ainsi que des tests plus ou moins pointus ou originaux en fonction du poste visé. Par exemple, pour un poste de laborantin, il sera demandé de remplir un questionnaire de connaissances en chimie. Pour des métiers dits « à la chaîne », il sera demandé de retourner une série de cubes en moins de 48 secondes. Ce dernier test paraît parfois « humiliant » aux yeux de certains candidats. Il faut savoir qu’en règle générale, les agences intérims ne sont jamais en manque de candidats et dès lors il leur plaît de sélectionner ceux qui seront le plus à même de donner satisfaction à l’employeur. Et si l’employeur est satisfait, il reprendra les services de cette agence intérim.

Si le candidat est rappelé à la suite de ce « deuxième round », alors il a plus de 75 % de chances de décrocher l’emploi. La suite du programme se passe en général en entreprise, sur le lieu même du travail. Là-bas, se déroule la toute dernière formation avant la prise de fonction et elle est généralement rémunérée. Elle est pratique et au plus près du travail demandé.

Ce qu’il est intéressant de savoir, c’est qu’à partir du moment où un intérimaire a terminé une première mission avec succès, il a beaucoup plus de chance d’être rappelé par la suite étant donné que l’agence d’intérim est sûre qu’il s’agit d’un travailleur fiable qui sera à même de porter les couleurs de l’agence. Ceci doit représenter une motivation supplémentaire : votre première mission, faites-la du mieux que vous le pouvez !

Conseils personnels

Ici, je vous donne quelques conseils concrets que j’ai pu vérifier moi-même.

Concernant l’entretien à proprement parler, voici quelques conseils :

Il faut être détendu, et ce pour pouvoir montrer ses vraies capacités lors des tests et des questions. Si l’on est trop stressé, l’évaluation sera biaisée et le recruteur peut passer à côté des vraies qualités de la personne. Pour s’aider à se détendre, voici quelque chose qu’il est utile de savoir : le recruteur est lui aussi soumis à une certaine pression. En effet, s’il envoie à son client (donc dans ce cas-ci l’entreprise) une mauvaise personne, il devra en répondre. En revanche, si vous montrez votre bonne volonté, le consultant vous enverra plus facilement vers l’employeur, car il sait qu’en principe vous allez montrer une belle image.

Arrêtons-nous un instant. Si vous suivez ces quelques conseils et réussissez les premières étapes, alors passez à la suite.

Parfois, une nouvelle tendance tend à apparaître. C’est l’entretien d’embauche avec plusieurs recruteurs. Le candidat se retrouve alors sous l’œil de la consultante et éventuellement d’un observateur qui scrute les moindres éléments du langage non-verbal. Vous avez tout intérêt à garder le contact visuel avec tous vos interlocuteurs, à tour de rôle. Et cet exercice peut tourner largement en votre faveur : on pourrait penser que le fait qu’il y ait plusieurs recruteurs vous fera traquer davantage. Et en fait c’est l’inverse : l’ambiance est plus détendue qu’en tête-à-tête car ce n’est pas une seule personne dont vous devez capter l’attention. De plus, les sujets de conversation ne manqueront pas (ce qui évitera les blancs) et il y aura toujours bien un collègue pour désamorcer toute situation délicate.

Une autre tendance est l’entretien à plusieurs candidats. Dans ce cas, le recruteur cherche à observer le comportement de chacun au sein du petit groupe. Il peut vouloir dégager les leaders naturels, les suiveurs et les médiateurs. Il est difficile de savoir quelle catégorie est la plus enviable pour vous dans le cadre du recrutement. Vous devez donc impérativement rester vous-même, ne pas jouer un rôle mais être détendu. Sachez d’ailleurs qu’il est impossible de jouer un rôle plus de deux heures d’affilée, vous serez forcément vous-mêmes après un laps de temps.

Notre parcours va s’achever par l’analyse d’un « véritable » entretien d’embauche, c’est-à-dire celui qui dure environ 45 minutes et qui est en tête-à-tête avec un seul recruteur.

Il ne faut pas croire que seules les 3 premières minutes comptent et que l’impression première est la bonne. Souvent, c’est justement après ces premiers instants que la pression retombe un peu et que vous pouvez commencer à parler « normalement » avec le recruteur. Il ne vous en tiendra pas rigueur. Ce qui est bon signe, c’est si le recruteur écrit ses impressions en quelques mots au verso de votre CV pendant que vous parlez.

Justement, ce que recherche votre interlocuteur, c’est découvrir votre véritable personnalité, vous cerner un petit peu et pour cela il a besoin que l’entretien dure un certain temps, pour vous forcer à quitter votre éventuel « rôle ».

Tenter de cacher un trait de personnalité est peine perdue. Si par exemple vous êtes timide, votre interlocuteur s’en apercevra forcément avant la fin de l’entretien. Jouez franc jeu et n’hésitez pas à confirmer les impressions émises par le recruteur.

Enfin, saluez toujours poliment votre interlocuteur lorsque vous prenez congé de lui.

Conclusion

Au travers de ce petit article, j’espère vous avoir convaincu que trouver du travail est plus facile qu’il n’y paraît. Je vous invite à vous inspirer de ces quelques conseils qui sortent un peu des sentiers battus pour mener à bien vous-même votre première expérience de travail.

Article réalisé par Olivier Weller

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